VOTRE CHEZ-VOUS … UN LIEU DE DEPAYSEMENT ?


Les évènements extraordinaires font toujours bouger les lignes en termes d’architecture d’intérieur et de décoration car nos intérieurs reflètent nos besoins et nos choix de vie. Après le 11 septembre 2001, nous avons voulu que nos intérieurs deviennent des refuges, des cocons qui nous protègent d’un monde violent.

Quelle sera donc notre perception de nos intérieurs à la sortie de la pandémie actuelle ?


Actuellement nous sommes en pleine mutation, mutation forcée due au confinement et mutation inachevée car les modalités de notre vie future sont encore trop incertaines. Néanmoins cette pandémie a déjà affecté notre comportement au sein de nos intérieurs.


Les grandes tendances qui se sont dessinées …




Le télétravail nous a évidemment forcé à trouver chez chacun d’entre nous un espace pour travailler. Réaménager a été une contrainte urgente. Nous avons fait avec les moyens du bord – un bout de comptoir dans la cuisine, un coin de notre chambre - mais nous voyons maintenant des demandes pour des espaces permanents, plus confortables, mieux définis, et surtout qui sont plus discrets en dehors des heures de travail. Un coin bureau n’est jamais superflu surtout si vous avez des enfants qui vont grandir et qui eux aussi auront besoin d’espace pour étudier. Il semble logique que cette demande pour des coins ou espaces de travail devienne une constante.



Ces jours-ci les médias français et italiens annoncent une pénurie de peinture dans les magasins ! Peu étonnant, nous avons eu du temps libre et nous avons réalisé que nos intérieurs étaient négligés. Votre maison doit donner envie d’y rester, exposez ce que vous prenez plaisir à regarder, exposez vos plus beaux articles de collection, et rendez votre intérieur plus à votre image. Le confinement a ici agi comme une piqûre de rappel : un intérieur doit être fonctionnel et surtout beau aux yeux de ceux qui l’habitent.





Depuis des mois, nombreux sont ceux d’entre nous qui souhaitent une plus grande cuisine pour cuisiner les produits biologiques que nous avons pris l’habitude d’acheter localement.

La demande pour les machines à faire le pain et les yogourts explosent mais une fois revenus à une situation plus ordinaire continuerons-nous à faire notre pain et nos yogourts ? N’aurons-nous pas envie de nous assoir dans une pâtisserie ou un restaurant ? Est-il donc utile d’acheter des appareils qui vont prendre la poussière sur les plans de travail ou que nous oublierons peut-être au fond d’un placard ?


La demande en immobilier a évolué et les jardins, les terrasses et autres balcons sont fortement plébiscités. C’est le besoin d’espace extérieur plutôt qu’une envie soudaine de se mettre au jardinage qui nous motive actuellement alors attention à ce que nous demandons et que l’entretien d’un espace extérieur ne fasse pas de nous de futurs esclaves.


Comment imaginons-nous les intérieurs du futur ?



Combien d’entre vous ont fait non seulement du rangement mais aussi du désencombrement pendant le confinement ? Avec le changement vient aussi le moment du bilan. Avons-nous toujours besoin de ce que nous souhaitions ardemment il y a encore quelques années ? De nos jours rêvons-nous tous encore d’avoir plusieurs services de table ? Une pièce de jour pour tous les jours et une pièce de réception pour les grands jours ? Quels grands jours ? Est-ce toujours si utile ? Nous sommes en pleine révision de nos priorités.




Pendant longtemps nombreux de mes clients voyait la proximité de leur résidence à leur lieu de travail comme un critère premier et non négociable ? Finalement avec le télétravail est-ce toujours primordial ? Un peu d’éloignement, mais un lieu plus calme, une belle vue et un dépaysement garanti, n’est-ce pas plus attractif ? L’éloignement des centres villes s’accompagne souvent de prix plus raisonnables et permet donc de rediriger ses dépenses vers d’autres postes. Avez-vous pensé à une piscine intérieure ? Une salle de gym ? Une salle de jeux pour billard ou jeux électroniques ?

Il est sans doute temps de se faire plaisir … Les mètres carrés d’une salle à manger inutilisée ne seraient-ils pas plus utiles pour un espace de loisirs ?



La grande interrogation qui reste, est, sans aucun doute, d’ordre social. Comment allons-nous nous retrouver ? Allons-nous nous rencontrer à la maison ou dehors ? Allons-nous réinvestir tous les lieux publics dont nous avons été privés ou resterons-nous des ermites anxieux de se protéger ? Quid de ces intérieurs redécorés et de ces jardins pleins de plantations ? Allons-nous vouloir en profiter autant demain qu’aujourd’hui ?

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